À partir du 1er janvier 2026, le calcul des droits à l’ASPA continue d’intégrer les sommes déposées sur un livret d’épargne réglementé. Mais un tout nouveau plafond d’exonération fait son apparition, réservé aux personnes qui n’ont jamais cotisé en France. Un seuil inédit, qui s’éloigne des règles appliquées aux autres dispositifs de solidarité.
Le décret du 12 février 2026 ne s’arrête pas là. Il instaure désormais une déclaration automatique des intérêts générés, confiant la transmission des informations directement aux banques. En cas d’omission, le couperet tombe : la suspension, rétroactive s’il le faut, du versement de l’aide, même pour ceux qui bénéficiaient déjà de l’ASPA avant l’entrée en vigueur de ces mesures.
Solidarités et aides sociales en 2026 : ce qui change pour les allocations et les droits des retraités
L’ASPA s’est imposée comme la référence des minima sociaux pour les retraités en France, remplaçant le minimum vieillesse depuis plusieurs années. Elle concerne les personnes âgées vivant en France ou dans les départements d’outre-mer. Pour en bénéficier, il ne suffit pas d’atteindre l’âge légal : d’autres critères s’ajoutent.
Voici les conditions à remplir pour ouvrir un droit à l’ASPA :
- Respect du plafond de ressources annuel
- Âge légal de 62 ans
- Résidence stable et régulière sur le territoire
- Pour les personnes non européennes, un titre de séjour valide
Le versement de l’ASPA s’organise via plusieurs organismes : la CNAV, la MSA, la Carsat, sans oublier les CCAS et les mairies qui guident parfois les démarches.
En 2026, le montant maximum de l’ASPA atteint 1 043,59 € par mois pour une personne seule, 1 620,18 € pour un couple. Les plafonds de ressources à ne pas dépasser s’établissent à 12 523,14 € par an pour une personne seule et 19 442,21 € pour un couple. Une mesure nouvelle vient alléger la prise en compte des revenus du patrimoine : un abattement forfaitaire est appliqué.
Pour mieux comprendre, voici les montants déduits chaque trimestre :
- 1 640,73 € pour une personne seule
- 2 734,55 € pour un couple
Ce mécanisme protège les petits épargnants : il évite que des économies modestes ne privent de l’allocation, tout en assurant un traitement équitable.
L’ASPA se distingue nettement d’autres dispositifs : le minimum contributif, l’APL, le RSA ou l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Chacun obéit à ses propres règles et critères :
- Leur logique d’attribution, leur mode de calcul et leurs effets sont indépendants
L’ASPA complète les revenus jusqu’au seuil fixé, sans être soumise à l’impôt sur le revenu. Toutefois, elle doit être signalée à la CAF : c’est sur cette base qu’autres droits sociaux sont calculés. Nul ne peut déposer une demande sans avoir sollicité toutes ses retraites, de base comme complémentaires.
Des évolutions s’imposent avec la réforme du 14 avril 2023 et les circulaires de la CNAV, qui précisent l’étude des dossiers. L’ASPA peut se cumuler, mais uniquement avec l’AAH dans certains cas d’incapacité supérieure à 80 %. Lorsqu’un bénéficiaire décède, la prestation devient récupérable sur la succession si l’actif net excède 108 586,14 € en métropole ou 150 000 € dans les DROM. Cette règle protège l’héritage familial modeste, tout en permettant à l’État de récupérer les sommes avancées pour les patrimoines plus conséquents.
ASPA et argent placé : comment les nouvelles règles impacteront vos ressources et vos démarches
En 2026, la prise en compte de l’argent placé pour le calcul de l’ASPA évolue sensiblement. Les nouvelles circulaires imposent un abattement forfaitaire sur les revenus issus des placements : 1 640,73 € par trimestre pour une personne seule, 2 734,55 € pour un couple. Ce seuil s’applique aux intérêts générés par les capitaux, livrets d’épargne et autres comptes rémunérés. L’objectif : limiter l’impact des petits patrimoines et garantir un accès plus juste à l’allocation.
Voici les types de placements intégrés dans le calcul des ressources :
- Livret A et livrets réglementés
- Assurance-vie et comptes à terme
- Tout autre produit d’épargne ou de placement (hors résidence principale, toujours exclue)
Le plafond de ressources se maintient à 12 523,14 € pour une personne seule, 19 442,21 € pour un couple. Si les intérêts ou revenus perçus dépassent l’abattement, la fraction excédentaire s’ajoute à vos ressources déclarées. Les caisses (CNAV, Carsat, MSA) procèdent à une évaluation annuelle, voire trimestrielle, sur présentation des justificatifs : relevés bancaires, attestations fiscales, déclarations d’intérêts.
Le montant maximum de l’ASPA reste fixé à 1 043,59 € par mois pour une personne seule, 1 620,18 € pour un couple. L’aide vient compléter les revenus, sans jamais dépasser le plafond réglementaire. À souligner : l’ASPA n’est pas soumise à l’impôt, mais doit être déclarée aux organismes sociaux pour le calcul d’autres prestations ou exonérations.
En cas de décès, l’ASPA devient récupérable sur la succession, dès lors que l’actif net excède 108 586,14 € en métropole ou 150 000 € dans les DROM. Les héritiers reçoivent alors une notification de la caisse concernée, précisant le montant à restituer à l’État selon les sommes versées et le seuil en vigueur. L’arbitrage entre solidarité nationale et transmission du patrimoine prend ici tout son sens : la société protège les plus fragiles, mais n’efface pas la responsabilité individuelle face à l’accumulation de richesses.


